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dimanche 26 février 2017

Henry Street, Dublin

Avec le Tigre celtique et son boom économique, financier et immobilier, l'Irlande a changé de visage en quelques décennies.

D'un pays en voie de développement jusque dans les années 1980, l'Irlande est soudain devenu un jeune pays moderne et dynamique attirant toutes sortes d'investisseurs et d'entrepreneurs. 

A Dublin, le changement s'est fait particulièrement sentir en renvoyant au passé des pans entiers de la ville pour les remplacer par les vitrines de la globalisation et de la consommation. 

Ainsi Henry Street, traditionnellement vouée aux "petites gens" de Dublin, décrits par James Joyce dans son Dubliners, s'est métamorphosée en une large artère, propre et aseptisée, de la nouvelle Irlande.

Henry Street dans les années 1990, juste avant le Tigre celtique, était le lieu où les femmes venaient vendre leurs cartouches de cigarettes ou leurs paquets de Toblerone pour quelques pennies. 


Henry Street, Dublin. 1997


Elles vendaient parfois des vêtements obtenus on ne sait d'où. 



Henry Street, Dublin. 1997

Des retraités arrondissaient leurs fins de mois en faisant  hommes-sandwiches pour quelques punts (bien avant l'euro). 



Henry Street, Dublin. 1997

 L'Henry Street de 2017 ne ressemble en rien de celle d'il y a 20 ans. Même si les politiques d'austérité sont passées par là, la foule s'y précipite désormais pour s'engouffrer comme un seul homme à Debenhams, Arnotts, TK Maxx, Mango ou Zara. 


Henry Street, Dublin. 2017

Henry Street, Dublin. 2017

La population jeune et branchée de la capitale d'aujourd'hui  y passe désormais ses samedis, sacs de shopping au bras et porte-monaie bien rempli.



Henry Street, Dublin. 2017


L'eau fluorée de la verte Irlande

Qui n'a jamais rêvé de l'eau pure et claire des lacs et sources d'Irlande, creusant son sillon au sein de vertes étendues peuplées de moutons blancs à têtes noires ? Cette eau irlandaise, cette uisce (prononcez whishke) utilisée pour produire les plus tourbés et les plus fins des whiskies irlandais ?

Il faut oublier. Car, l'eau d'Irlande n'est plus ce qu'elle était. Depuis 1957, l'eau du robinet irlandais est désormais aromatisée au fluorure. Plus de 71% de la population est ainsi contrainte de boire et d'utiliser une eau contenant du fluorure dans le cadre d'une campagne de prévention générale des caries dentaires.

Alors que, dès les années 1970, de nombreux pays européens ont abandonné l'idée d'une fluoruration de l'eau du robinet (dont l'Allemagne, la Scandinavie et la France), l'Irlande s'accroche toujours à l'idée des bienfaits du fluor sur les dents des Irlandais. C'est même le seul pays en Europe à toujours pratiquer, en 2017, la fluoruration systématique de son eau courante - même s'il faut noter un changement de cap de certains County Councils (Conseil régionaux) encore bien minoritaires.

Des voix se font en effet entendre pour dénoncer comme ce qui est de plus en plus perçu comme une atteinte à l'intégrité physique. Une campagne nationale anti-fluorure s'est mise en place et tente d'alerter la population sur les dangers, sur la santé et l'environnement, d'une eau de robinet au fluorure.



Différentes études médicales américaines et européennes ont déjà démontré l'impact du fluorure sur la santé humaine : risques de désordres thyroidiens, atteinte de l'émail dentaire, ostéoporose - et même risques accrus, à long terme, de cancers.

La situation pourrait bien changer sous la pression de plusieurs associations de consommateurs en colère et de quelques conseils locaux dont les représentants commencent à se poser de sérieuses questions sur le bien-fondé d'une telle politique de santé. D'autant que depuis peu, certains dentistes irlandais osent briser le silence et remettent timidement en cause les bienfaits supposés d'une fluoruration forcée de la population.

Le gouvernement irlandais les entendra-t-il ? Ou préfèrera-t-il écouter l'appel que lui a lancé un psychiatre, lors d'un forum en décembre 2011 sur la "Dépression dans l'Irlande rurale", d'ajouter des sels de lithium dans l'eau du robinet afin d'"abaisser le taux de dépression et de suicide en Irlande" ?


jeudi 23 février 2017

Les sans-abris en nombre

Le problème des sans-abris a été constant depuis l'éclatement de la bulle immobilière et de la crise de 2008. Mais le phénomème s'est accéléré ces dernières années de manière préoccupante - en particulier dans la capitale.

A Dublin, le nombre de sans-abris a augmenté de 35% en 2016 et concerne aussi bien des familles avec enfants que des personnes seules. Toutefois, depuis janvier 2017 le nombre de familles et d'enfants sans domicile a décliné légèrement grâce à la nouvelle politique gouvernementale de relogement en hébergement d'urgence.


Dublin

Malgré cela, le nombre de sans domicile fixe dans tout le pays a encore augmenté depuis janvier pour atteindre un "record" selon Focus Ireland, une association d'aide aux sans-abris.

Cette situation est une des conséquences de la crise de 2008 et de l'explosion de la bulle immobilière irlandaise. Durant le Tigre celtique, de nombreux petits épargnants ont "acheté pour louer" une maison - avec l'aide de banques pas trop regardantes sur les conditions de prêts immobiliers.

Du jour au lendemain, ces petits propriétaires se sont retrouvés forcés de mettre en vente leur bien pour une valeur négative - donnant à la banque l'occasion d'en prendre possession.


Cork


Selon Focus Ireland, la crise actuelle des sans-abris viendrait de l'actuelle législation autorisant les banques à expulser les locataires lorsqu'elles prennent possession du bien saisi afin de le vendre à meilleur prix.

Ces saisies et le manque de logements disponibles dans les principales villes irlandaises ont fait exploser le nombre de sans-abris provoquant une crise sociale que l'Irlande pensait appartenir au passé.

En décembre 2016, le Dublin Region Homeless Executive notait une augmentation de 45% sur un an de familles sans domicile  accueillies en hébergement d'urgence à Dublin.




lundi 20 février 2017

Brexit ou le retour des frontières

Le Brexit n'aura pas seulement des conséquences pour le Royaune Uni mais en aura également pour l'Irlande qui, historiquement et économiquement, se trouve toujours liée à son grand voisin - et ancien colonisateur.

La frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, partie intégrante du Royaume Unie, a souvent été le théâtre de conflits depuis l'indépendance irlandaise en 1922. En 1998, le Good Friday Agreement a réussi à mettre fin à ces troubles, après de difficiles négociations, et à enclencher le processus de paix.

Le Premier ministre irlandais (Taoiseach) a réaffirmé cette semaine la volonté de la République d'Irlande de maintenir une libre circulation et d'éviter le rétablissement d'une frontière entre les deux Irlandes.

Mais le spectre d'une hard border hante les Irlandais leur rappelant de mauvais souvenirs qu'ils préfèreraient ne pas voir réapparaître. Un groupe d'activistes a ainsi rejoué le temps d'un après-midi les jours sombres du contrôle à la frontière entre les deux pays.

Activistes à la frontière Nord-Irlandaise

Lors de son discours à l'Institute of International and European Affairs à Dublin, le Premier ministre irlandais a affirmé que le Brexit menaçait directement l'économie de la République d'Irlande. Il a assuré que le gouvernement irlandais s'opposerait fermement au rétablissement d'une frontière entravant la libre circulation des travailleurs, des biens et des personnes. Il en appelle à l'Union européenne pour protéger le processus de paix et aider l'Irlande dans sa lutte contre le retour d'une "frontière de la division".

Le Brexit n'est pas encore totalement activé que déjà ses conséquences planent comme une menace sur la jeune république irlandaise qui, en 90 ans d'existene, a toujours dû se mesurer au puissant voisin.


dimanche 19 février 2017

Lotissements fantômes d'Irlande


Voici à quoi ressemblent certains coins d'Irlande. Des déserts ruraux, aux marges de villes moyennes dans la campagne irlandaise, parsemés de quelques pavillons dernier chic, qui ne souffrent que d'un seul défaut : personne n'y habite.

Avec la mort du Tigre celtique, des centaines de "nouveaux quartiers" se retrouvent à l'abandon - et leurs rares habitants avec.

Les promoteurs, qui s'étaient frotté les mains devant cette nouvelle mine d'or dans les années 2006-2007, sont vite repartis après l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise de 2009.

Les prix de l'immobilier ont chuté de plus de 30 p.cent en six ans. Ceux qui avaient acheté une maison ne peuvent la revendre. Les banques irlandaises ont durement resserré les cordons de la bourse refusant désormais d'octroyer des prêts immobiliers sans apport personnel. Conséquence : plus personne ne peut acheter de maison. Même sil convient de noter un léger frémissement du marché très récemment.

Les chantiers, commencés pendant la période faste, en restent là où on les a laissés : à moitié finis - ou pas finis du tout. L'agence nationale mise en place par le gouvernement et chargée du rachat de la dette (NAMA) a pourtant racheté près de la moitié de ces ghost estates, mais cela ne suffit pas pour corriger le tir.



Pendant l'hiver 2009, une jeune femme est morte de froid dans un de ces "quartiers fantômes". L'organisme qui gère son bloc d'appartements avait décrété que le chauffage coûtait trop cher pour les deux locataires qui y habitaient. Et avait coupé le gaz. Cette nuit-là, la température a chuté sous zéro - et Claire est morte, seule ou presque dans son lotissement.

Beaucoup d'Irlandais ont cru pouvoir acheter leur maison dans ces endroits aux prix abordables, mais souvent situés loin des grandes villes et des lieux de  travail. Ils ont en masse contracté un prêt immobilier - souvent sans apport personnel - qui les lient maintenant aux banques.

Avec la crise économique et financière qui a frappé l'Irlande dès 2008, la plupart d'entre eux ont perdu leur emploi ou ont vu leurs salaires diminuer de 20%. Ils doivent pourtant rembourser la banque pour une maison qu'ils n'habiteront jamais. A la différence des USA où la crise des subprimes a entraîné de nombreuses expulsions, l'Irlande impose aux propriétaires floués de rembourser la totalité du prêt contracté à la banque. Même si leur maison a perdu plus de la moitié de la valeur pour laquelle le prêt a été accordé.



Et les rares qui pourront s'y installer n'auront de toute façon aucun magasin, aucune école, aucun médecin à des kilomètres à la ronde.


samedi 18 février 2017

L'Irlandais

Il y a quelques années, le ministère des affaires étrangères du Canada recommandait aux volontaires à l'expatriation vers l'Irlande de bien (re)connaître son Irlandais avant de s'embarquer pour l'aventure.

Il définissait ainsi quelques points importants visant à une meilleure intégration dans un pays qu'il est parfois (souvent) difficile de décrypter de prime abord.

Contact et conversation : ne vous attendez pas à de grands "hello !" ou de grosses bises déposées avec fracas sur la joue. Non, l'Irlandais est discret et ne vous saluera que d'un coup de menton sec ou (si vous êtes chanceux) d'un rapide clin d'oeil (qu'il faut vite attraper au vol).


Parade de la Saint-Patrick

L'Irlandais ne vous parlera ni de politique, ni de religion et encore moins du droit à l'avortement ou au divorce. Mais il vous parlera bien volontiers du climat irlandais, du dernier match de foot et utilisera son arme préférée : l'humour irlandais. Un humour qui peut parfois friser la taquinerie voire l'insulte. Mais il faut souligner que l'Irlandais utilise très souvent cet "humour" très particulier contre lui-même.

Saint-Patrick Day à Dublin

Tout cela reste très courtois (malgré des apparences souvent rudes pour des esprits latins) et amical. Et surtout, surtout : restez vous même, simple et modeste. L'Irlandais a horreur, par dessus tout, de l'arrogance (surtout française !) et de la condescendance. Et puis, quand même... évitez de parler de la visite de la reine d'Angleterre !

Femmes, religion et éthnicité: Le rôle des femmes en Irlande est définie par la Constitution irlandaise de 1937 : elles doivent rester à la maison. C'est clair, c'est net. Pour cela, l'Etat irlandais leur verse une allocation mensuelle dès leur premier enfant. Jusqu'à l'accession de l'Irlande à la Communauté européenne (en 1973), les femmes fonctionnaires qui se mariaient (99% des femmes) devaient quitter leur poste de la fonction publique.


Fillettes en tenue de danse irlandaise

De nos jours, le manque de crèches, l'absence d'écoles maternelles et une taxation du couple discriminatoire obligent quasiment la grande majorité des femmes à ne pas travailler à l'extérieur de la maison.

La religion pèse toujours d'un grand poids sur la société irlandaise - même si son influence tend à baisser depuis les scandales de pédophilie au sein du clergé, révélés ces dernières années. L'assistance à la messe du dimanche frôle toujours les 60% en Irlande (contre 30% en moyenne dans les autres pays européens). Les écoles catholiques représentent encore 98% des écoles nationales du pays. Et tous les soirs, à 18h pétantes, l'Angélus se fait entendre à la radio et à la télévision nationales.


Film : Le Jour se Lève

Longtemps, les problèmes liés à ce qu'on appelle ici l'éthnicité visaient avant tout la communauté des Travellers - ces gens du voyage d'origine irlandaise qui parcourent le pays. Depuis, le Tigre celtique est passé par là amenant avec lui des milliers de migrants d'origine polonaise, russe, lettone et africaine. Tous ont apporté avec eux leur langue, leur religion et leur culture. Avec la crise, le légendaire "accueil irlandais" est mis à l'épreuve et, de ci de là, on peut sentir quelques crispations qu'il ne faudrait pas voir se généraliser.


Guinness et spuds (ou patates irlandaises)

Au travail : Il est courant d'appeler un supérieur hiérarchique par son prénom - mais il faut savoir le faire à bon escient. Attendez-vous également à être invité à prendre une pint au pub du coin, après le travail - parfois avec vos chefs. Dans ce cas, restez discret et modeste et, surtout, n'oubliez pas de payer votre tournée. Sur le lieu du travail lui-même, gardez bien à l'esprit qu'un Irlandais ne vous dira jamais "non" (ni "oui", d'ailleurs). Restez attentif aux nuances. Tout est fait de nuances en Irlande. Si vous entendez "We'll see" en réponse à l'une de vos questions... attendez et voyez (mais soyez sûr que vous pouvez déjà traduire par "non").

Alors, good luck ! Et gardez votre sens de l'orientation (vous en aurez besoin en Irlande...) :

Panneaux indicateurs en Irlande

Hurling, un sport celte

Qui connaît le hurling ? Tous les Celtes version irlandaise vous diront que c'est le plus noble de tous les sports. Et pas seulement des sports gaéliques. C'est  aussi l'un des plus dangereux.


Venu en Irlande avec les premières tribus celtes au VIIe siècle, dit-on, le hurling peut se comparer à l'ancien jeu de soule, mais avec crosse. Cette crosse (le hurley), faite de bois cerclé de fer, tournoie au -dessus des têtes avant de claquer d'un coup sec sur la petite balle (la sliotar) qui lui arrive dessus à la vitesse de 110 km/h.



Les Irlandais aiment à raconter que ce sport est le plus rapide des sports d'équipe au monde. Très largement répandu en Amérique du Nord et en Australie, le hurling partage certaines règles avec le football gaélique.

En Irlande, le hurling est réglementé par le GAA (Gaelic Athletic Association), qui a eu bien du mal à imposer le port du casque et de genouillères (pour les enfants). Précisons que la balle doit être frappée avec la crosse à hauteur du visage. On marque un point lorsque la balle passe au travers de deux poteaux servant de buts.


Les jours de grande finale (la All-Ireland Senior Hurling Final) tous les Celtes sont devant leur poste de télévision - quand ils ne sont pas au stade Croke Park. Les drapeaux des club de Kilkenny ou de Galway, pour ne nommer qu'eux, flottent sur les façades des maisons quand ce n'est pas sur les toits des voitures.

L'ambiance dans le pays est digne de celle des Jeux Olympiques. Le stade national est bondé.


Après le match, les pères ressortent leur hurley pour montrer aux fils comment lancer proprement sa sliotar. Avant de la ranger à nouveau, en attendant la prochaine finale.






vendredi 17 février 2017

La santé en crise

Le système de santé irlandais n'a jamais eu la prétention d'être le meilleur d'Europe, loin de là. Mais depuis la crise de 2008, la situation s'est grandement détériorée.

Pour se faire soigner, les Irlandais ont le choix entre le système public (HSE) ou les assurances de santé privées. Avec la crise et les politiques d'austérité qui ont suivi, les Irlandais les plus touchés ont abandonné le secteur de santé privé qu'ils ne pouvaient plus se payer. Les assurance de santé privées ont alors augmenter leurs tarifs de manière significative pour pallier le manque d'adhérents.  La conséquence a été immédiate : encore plus d'Irlandais ont arrêté de payer leur assurance de santé privée et se sont tourné vers un système public au bord de l'implosion.

En attente de lit dans un hôpital - parfois pour 30 heures

La télévision nationale irlandaise (RTE), a diffusé au début du mois de février, un documentaire (Living on the List) portant sur les listes d'attente dans les hôpitaux publics qui a fait l'effet d'une bombe. Les Irlandais ont réalisé l'ampleur du problème et le parcours du combattant de certains malades dont beaucoup d'enfants.

Ils ont ainsi pu entendre les parents de ce petit garçon de 7 ans souffrant d'une scoliose déformante qui l'empêche de respirer normalement et qui attend depuis plus de 6 mois une opération qui le soulagerait immédiatement. Ou cette femme qui attend depuis 18 mois une simple opération pour remplacer une hanche qui la fait souffrir à tel point qu'elle ne peut s'occuper pleinement de ses enfants. Sans parler de cette autre mère de famille qui attend depuis 2 ans une opération du dos qui lui permettrait enfin d'avoir à nouveau une vie normale.

Adolescente vue dans le documentaire de RTE en attente d'une opération du dos

Dans sa classification de 2016, le European Health Consumer Index a estimé que l'Irlande se trouvait à la 21e position sur 35 pays européens en terme de listes d'attente pour le service de santé public. L'Irlande se situait au 13e rang en 2013.

Certains experts, dont de célèbres professeurs pratiquant dans des hôpitaux, estiment que la crise n'est pas la seule responsable de cet état de fait. Ils accusent également le système dans son ensemble de dysfonctionnements et de mauvaise organisation. Ils estiment ainsi qu'un budget restreint a certes impacté le nombre de lits mais n'est pas à lui seul à l'origine de choix internes controversés.

Ils dénoncent à la fois le manque de flexibilité des équipes médicales en secteur public, le salaire d'infirmiers et infirmières peu rémunérés et les décisions de ne pas renouveler du matériel chirurgical sous couvert de coupes budgétaires. Tous attendent du gouvernement des décisions fortes et des réformes efficaces.

Organisation de médecins appelant au changement

Dans une Irlande que l'ont a qualifiée de "bon élève" de l'Europe après la crise de 2008 et où le taux de chômage est retombé à 7,1% en janvier 2017, la situation du système de santé public reste préoccupante et s'invite au coeur des débats politiques et d'élections que beaucoup appellent de leurs voeux.





jeudi 16 février 2017

Image d'Irlande : Connemara

Cottage

Lough

Champs

Lough

Lough

Route du Connemara

Lough

Abri de berger

Plateau du Connemara

Images d'Irlande : Kerry

Jarvey, ou cariole traditionnelle du Kerry












The Dingle Pub

Dingle

Dingle, pub


Dingle, boutique de mode


Lady's Stairs, Ring of Kerry

vendredi 10 février 2017

Travellers, les Bohémiens d'Irlande

Travellers. Ce nom fait frémir les Irlandais  quand un camp s'installe près de leurs maisons. Les Travellers (voyageurs ou nomades en français) sont à l'Irlande ce que les Bohémiens sont à la France. A la seule différence que les Travellers d'Irlande ont les mêmes origines irlandaises que les populations sédentaires.
Le Royal College of Surgeons, Dublin City University et l'Université d'Edimburgh viennent de publier les résultats d'une comparaison d'ADN des différents groupes sociaux composant l'Irlande. Si l'origine génétique des Travellers est bien irlandaise, on ne sait toujours pas précisément pourquoi un groupe s'est séparé de la population générale à un moment donné de son Histoire.

Groupe de Travellers irlandais

L'origine des Travellers remonterait à plus de huit siècles, lorsque certaines communautés ont commencé à s'isoler pour vivre en nomades. Quelques siècles plus tard, les paysans chassés de leurs terres par les troupes de Cromwell au 17e siècle ;  puis les survivants de la Grande Famine de 1845 auraient rejoint ces groupes de populations itinérantes. Grâce à cette nouvelle étude universitaire, on sait maintenant avec certitude que les Travellers n'ont aucun lien avec les populations nomades d'Europe continentale (Roms, Tziganes).
Le racisme anti-Traveller est toujours très fort en Irlande. L’exclusion en est la principale manifestation. Les Travellers se voient ainsi facilement interdire l’accès aux pubs, aux restaurants et dans certains magasins. Des écoles leur sont réservées mais l’enseignement qu’on y pratique ne correspond ni à leur langue, ni à leur culture.
Au cours des siècles, les Travellers ont développé une culture, avec ses rites, ses activités et sa langue propre. Entre eux, ils ne parlent ni anglais ni gaélique (Irish) mais le sherta (ou gammon ou encore cant), une langue qui n’est pas reconnue par le gouvernement irlandais ; même comme dialecte.

Enfant Traveller irlandais

Une étude conduite par le ministère irlandais de la justice entre 2000 et 2006 et publiée le 9 décembre 2008 affirme que la communauté des Travellers d’Irlande a connu un taux de suicide cinq fois plus important que la population sédentaire en 2005. Le risque de suicide est trois fois plus élevé chez eux que chez le reste des Irlandais. 
Sous l’empire britannique, les scientifiques classaient les Travellers dans la dernière catégorie de la hiérarchie sociale coloniale – après les castes d’Inde. La société post-coloniale irlandaise est restée sur  l'image d'un "Traveller hors caste". De nos jours, les Travellers sont toujours perçus comme les « colonisés des colonisés ».
Dans les années 1960, les autorités irlandaises leur ont imposé un programme de sédentarisation dans des quartiers vite devenus des ghettos. Par ailleurs, les Travellers souffrent des clichés liés à leur statut de nomades qui leur vaut souvent les qualificatifs de voleurs, paresseux et violents. Leur intégration à la société irlandaise reste très difficile pour ne pas dire quasi-impossible. 
La sédentarisation forcée les a empêché de pratiquer leurs métiers traditionnels :  ferrailleurs (Tinkers) par exemple. L'alcool est devenu un fléau chez des hommes réduits à demander l'aide sociale et habitués aux insultes et au mépris du reste de la population - et bien souvent, des institutions elles-mêmes. Chez les Travellers, le risque de suicide chez les hommes est neuf fois plus élevé que chez les femmes.

L'étude du Royal College of Surgeons, de Dublin City University et de l'Université d'Edimburgh pourrait bien aider les Travellers à se faire accepter par les Irlandais sédentaires tout en leur donnant un aperçu sur leurs origines.  Ceci à un moment où le gouvernement irlandais s'apprête pour la première fois à reconnaître les Travellers comme un groupe ethnique à part entière. 

mercredi 8 février 2017

A la recherche de logements

Quand la lettre du propriétaire est arrivée par la Poste, Sean savait que les ennuis commençaient. Sa femme et lui louent la petite maison mitoyenne de cette banlieue de Dublin depuis deux ans. La nouvelle loi limitant les hausses de loyers à une fois tous les deux ans seulement leur a fait comprendre qu'ils recevraient ce courrier d'un jour à l'autre. Parmi leurs amis, plusieurs ont déjà dû déménager après une brusque hausse de leur loyer de plusieurs centaines d'euros.

Depuis la crise économique de 2008 qui a frappé l'Irlande de plein fouet, les mesures prises par le gouvernement irlandais se sont multiplié pour essayer de réguler un secteur jusque-là laissé libre d'imposer ses propres règles. Peine perdue. Les propriétaires se sont empressé d'augmenter les loyers de façon sauvage avant la date fatidique des deux ans. Des familles se sont ainsi vu imposer des augmentations de loyer astronomiques du jour au lendemain.


Depuis peu, les locataires irlandais sont protégés par une  loi leur garantissant un délai de préavis de 3 mois avant expulsion. Une petite avancée dans un pays où les propriétaires pouvaient demander à une famille de quitter un logement dans un délai d'une semaine. Ce dernier cas de figure existe toujours ; le délai de préavis étant calculé en fonction de la durée du contrat de location -  de 1 an renouvelable à plusieurs mois seulement.



Logements à louer - Dublin


Sean et sa famille devront donc chercher à se loger rapidement. Problème : le manque de logements est endémique dans la région de Dublin où se situe la grande majorité des emplois du pays. Selon l'Economic and Social Research Institute, 100.000  logements aurait dû être construits à Dublin entre 2010 et 2020 alors que seuls 15.000 logements ont été bâtis en 7 ans.


Sean travaille dans un bureau à Dublin et sa femme Deirdre s'occupe de leurs trois enfants et reste à la maison. Tous les matins, Sean doit prendre le train pour se rendre sur son lieu de travail. Deirdre garde la voiture pour les courses et le school run des enfants. A une époque, le couple avait deux voitures comme beaucoup de familles en Irlande. Les politiques d'austérité imposées depuis 2008 ont fait qu'ils n'ont eu d'autres choix que de se séparer de l'une d'elles. Sean et Deirdre doivent trouver un logement assez proche de Dublin pour pouvoir s'y rendre par train ou par DART (le RER local).

La recherche d'un logement à louer est devenu un véritable casse-tête en Irlande. Le nombre insuffisant de lotissements neufs dans la région de Dublin et les nouvelles règles de prêts bancaires ont vu la demande exploser et l'offre stagner voire diminuer. Le Tigre celtique avait fait penser aux banques irlandaises qu'elles pouvaient prêter de l'argent pour un achat immobilier sans conditions de solvabilité et sans apport personnel. Le résultat a été désastreux à l'effondrement du Tigre celtique dans la tourmente financière et économique qui a suivi le krach de 2008.



Manifestants pour le droit au logement


Perte d'emploi et allocations chômage minimales, valeurs négatives de maisons achetées au prix fort durant la bulle immobilière, nouvelle obligation d'un apport personnel de 10% ou 20%  et garantie de solvabilité pour l'achat d'une maison ont fait exploser le secteur de l'immobilier. Culturellement attachés à la propriété foncière, les Irlandais n'ont eu d'autres alternatives que de se tourner vers la location. Et c'est là que le bât blesse. Trop peu de maisons offertes à la location ouvre une voie royale à la spéculation de propriétaires (et d'agences immobilières) peu scrupuleux. La valse des familles et des locataires peut commencer.


Sean et Deirdre ont l'espoir de trouver assez rapidement mais en y mettant le prix. Ils ont en vue plusieurs maisons mises sur le marché en même temps et dans la même petite ville de banlieue. Ils savent pourtant qu'ils ne pourront pas faire jouer la concurrence les agences immobilières s'entendant pour aligner leurs prix. Ils ont repéré une maison de trois chambres, mitoyenne, dans un lotissement dont le loyer vient de passer à... 1.800 euros par mois.  Une chance pour eux.

lundi 6 février 2017

Présentation :


Après le blog Irlande vue de Dublin qui a pu vous donner un aperçu de l'Irlande de l'après Tigre celtique (RFI "Infos pratiques"), voici le petit nouveau qui vous fera découvrir l'Irlande de l'austérité et du Brexit.

Le retour de l'emploi, l'économie au beau fixe mais aussi la crise des mal-logés, le secteur de santé en difficulté et l'émigration des jeunes Irlandais sont autant de facettes de l'Irlande qui a souvent été vue comme le "bon élève" de l'Europe.